Pourquoi Manuel Valls a accepté l’invitation d’On n’est pas couché – Philippe Moreau Chevrolet pour LeFigaro.fr 1

  • Rédigé par Allyson Jouin-Claude
  • le 14/01/2016
  • dans lefigaro.fr

Premier chef du gouvernement en activité à fouler le plateau du talk-show de France 2, le Premier ministre fait déjà l’événement. Comment va se dérouler l’émission, enregistrée ce jeudi ?

Pourquoi Manuel Valls a-t-il accepté une émission dite d’infotainment comme On n’est pas couché ? La présence du Premier ministre dans l’émission, qui sera diffusée samedi soir sur France 2, peut en effet surprendre puisque c’est la première fois qu’un chef du gouvernement en activité vient sur le plateau. Ce n’est, en revanche, pas la première fois pour Manuel Valls, déjà venu à quatre reprises dans l’émission de Laurent Ruquier.

Mais alors qu’est-ce qu’il l’a convaincu d’accepter cette invitation? Europe 1 a contacté la société de production Tous sur l’écran (qui s’occupe d’On n’est pas couché) qui explique: «Nous lançons en permanence des invitations aux responsables politiques. Lorsque nous avons appris la sortie du livre de Manuel Valls [un recueil de ses discours post-attentats, ndlr], nous avons multiplié nos demandes». Une invitation qui s’est faite en toute simplicité, donc. Sans aucune exigence particulière du chef du gouvernement: «On se plie complètement aux conditions de l’émission» confie l’entourage de Valls auprès de la radio. Et la société de production de confirmer: «L’équipe de Manuel Valls nous a dit: ‘Peu importe les questions, ce qui nous intéresse c’est le ton de l’émission ainsi que sa longueur’», révèle encore Tous sur l’écran. En effet, M. Valls devrait pouvoir s’exprimer entre 45 minutes et une heure dans le cadre de l’émission, comme l’a signalé Laurent Ruquier lui-même sur RTL.

Pour Manuel Valls, actuellement en pleine hypercommunication médiatique, il s’agirait donc simplement de trouver une tribune pour s’exprimer, selon l’entourage de l’intéressé: «Le Premier ministre essaye d’avoir des espaces de pédagogie qui prennent toutes les formes possibles. On est un an après les attentats de janvier et deux mois après ceux de novembre, l’idée c’est de s’adresser aux Français qui ne regardent pas forcément les émissions classiques». Pour l’anecdote, un autre événement aurait fini de convaincre le chef du gouvernement de répondre aux questions de Léa Salamé, Yann Moix et Laurent Ruquier: la présence de Jean d’Ormesson parmi les invités de ce samedi.

Pour Philippe Moreau-Chevrolet, spécialiste de la communication politique qui a analysé la situation auprès de l’AFP, «aller chez Ruquier, c’est devenu une sorte de passage obligé pour les politiques, car c’est un espace pour exister, avec des clashes, du buzz. C’est surtout un moyen de montrer qu’on est capable de résister à la critique, car on s’y fait décaper.» Mais ce passage télévisé n’a pas que des avantages pour ce spécialiste: «Manuel Valls apparaît déjà comme l’homme qui ne sourit jamais. Il risque de renforcer cette image de procureur, un peu cassante, qu’il a déjà à l’Assemblée nationale. Jospin avait besoin de fendre l’armure, Valls a besoin de déposer les armes».»

À noter que le Premier ministre diversifie ses espaces d’expression à la télé, ne se limitant plus aux journaux télévisés mais s’essayant désormais aux programmes davantage destinés au grand public. Il s’était ainsi rendu sur le plateau du Petit Journal de Canal+, en novembre dernier.

La présence du Premier ministre dans l’émission de France 2 n’est, on s’en doute, pas du goût de l’opposition. Mercredi, lors des questions au gouvernement, un député des Républicains, Jean-Charles Taugourdeau, a ainsi épinglé M. Valls sur sa présence à venir dans l’émission de Laurent Ruquier «qui ne sert pas la grandeur de l’engagement politique». «Ce n’est pas la place du Premier ministre» a-t-il encore précisé. Quant à Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, il s’est contenté de déclarer chez Jean-jacques Bourdin que, lui, n’irait pas dans ce talk-show: «Je ne suis pas sûr que ce soit ma place».

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