Régionales 2015 : Mais ou est donc passé Manuel Valls ? – Philippe Moreau Chevrolet pour 20 minutes 20 minutes

  • Rédigé par Philippe Moreau Chevrolet
  • le 07/12/2015
  • dans 20 minute

Le Premier ministre n’a pas pris la parole depuis le résultat des élections…

Un seul être vous manque… Manuel Valls est bien allé voter au premier tour des régionales. Le « bulletin de vote est une arme contre le terrorisme », lâchait le Premier ministre, en même temps que son enveloppe dans l’urne, dimanche, à Evry (Essonne). Depuis, silence radio. Aucune réaction sur les 23.43 % du PS au niveau national. Pas davantage sur le score historique du Front national (27.73 %), en tête dans six régions métropolitaines.

Le Premier ministre avait pourtant pris la parole au soir du premier tour des départementales, pour appeler au « rassemblement ». Il se félicitait aussi que « l’extrême droite », ce soir-là, [ne soit] pas la première formation politique de France ». « Face à ce désaveu historique, son silence ne peut qu’interpeller », a raillé le député LR Georges Fenech au Figaro. « Il s’est retranché dans son bunker de Matignon ».

« Il n’avait pas davantage à dire que Cambadélis »

« Son silence n’est pas habituel. Mais dimanche soir, son discours aurait été inaudible et noyé dans la victoire frontiste », analyse Philippe Moreau Chevrolet, président de MCBG Conseil. « Son timing est une stratégie de communication afin d’isoler sa parole ». « Le Premier ministre ne veut pas parler avant le travail de décantation politique. Il n’avait pas davantage à dire que Jean-Christophe Cambadélis hier, dont c’était le rôle », répond l’entourage de Manuel Valls.

Orchestrer la stratégie en sous-main

Dimanche soir, Manuel Valls a donc laissé le premier secrétaire du PS en première ligne. « Le total gauche laisse espérer de nombreuses victoires. La gauche, quand elle est unie, est la première force du pays », lançait Jean-Christophe Cambadélis après les résultats. A lui l’honneur, aussi, d’annoncer le retrait des listes socialistes dans le Nord et en Paca.

S’il n’a pas pris publiquement la parole, Manuel Valls a bien orchestré en sous-main ce « barrage républicain » avec le chef de l’Etat. Le Premier ministre réunissait dès dimanche après-midi à Matignon, ministres et collaborateurs, pour fixer la stratégie de l’entre-deux tours. « Manuel Valls continue à traiter la mécanique en appelant chaque candidat, en étant toujours en lien avec Jean-Christophe Cambadélis », poursuit un proche. « Par ailleurs, le diagnostic sur une victoire frontiste avait été déjà fait avant le vote… ».

« Faire battre le FN et mobiliser la gauche »

Manuel Valls avait alerté contre la « supercherie » du FN. Il avait aussi indiqué son souhait de « tout faire pour empêcher l’extrême droite » de remporter la victoire. L’idée de fusion des listes droite-gauche ayant été balayée par Nicolas Sarkozy, ne restait que la solution du retrait.

Ce lundi soir, le chef du gouvernement devrait préciser cette stratégie. « Il essaiera de faire avancer les choses pour la seconde partie de la campagne : faire battre le FN et mobiliser la gauche, car il y a de nombreuses régions où la gauche peut encore l’emporter si on crée une dynamique », espère-t-on dans son entourage. Manuel Valls devrait également mettre la pression sur Jean-Pierre Masseret. Le candidat socialiste en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine a décidé de se maintenir au second tour, contre l’avis de Solférino.

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