Voyage en Russie: Sport, autorité, symbolique… On a refait le match Poutine/Sarkozy – Philippe Moreau Chevrolet dans 20 minutes 20 minutes

  • Rédigé par Laure Cometti
  • le 29/10/2015
  • dans 20 minutes

L’ancien président français Nicolas Sarkozy s’est rendu en Russie pour rencontrer Vladimir Poutine…

Une brève rencontre qui fait grand bruit. Nicolas Sarkozy a rendu visite ce jeudi à Vladimir Poutine dans sa résidence de Novo Ogarevo, près de Moscou. Le patron des Républicains en a profité pour appeler les Occidentaux à cesser d’isoler la Russie des négociations sur la crise syrienne, devant un président russe souriant. Les deux hommes de pouvoir, qui se tutoient, ont bouleversé à leur manière l’image du chef d’Etat dans leur pays respectif. 20 Minutes compte les points.

Le corps comme symbole du pouvoir

Pour Nicolas Sarkozy comme pour Vladimir Poutine, le pouvoir s’incarne dans un corps qu’il faut soigner et montrer. Côté russe, les prouesses sportives du président sont mises en scène et médiatisées. Cet été, c’était une séance de musculation en pantalon de jogging avec le Premier ministre Dimitri Medvedev. « Poutine joue la carte virile à fond, il fabrique des images symboliques qui alimentent une mythologie de l’homme fort », souligne Philippe Moreau-Chevrolet, président de l’agence de communication pour les dirigeants MCBG. Ces images sont régulièrement détournées par ses partisans comme par ses détracteurs. Elles se caractérisent aussi par leur « simplicité, qui permet au chef de l’Etat russe de paraître proche du peuple ».

Côté français, Nicolas Sarkozy est aussi féru de course à pied. Régulièrement immortalisé en nage, il s’est aussi mis au vélo.

L’autorité et la violence (verbale et symbolique)

Les deux hommes aspirent à incarner une forme d’autorité. Le patron de l’opposition est « plus dans l’action et l’agitation, il est latin, il est dans le verbe, l’affirmation frénétique « je fais », tandis que Poutine est plus froid », compare Philippe Moreau-Chevrolet.

Cette autorité s’exprime parfois violemment. Alors que certaines sorties agressives de Nicolas Sarkozy sont devenues célèbres, comme « casse-toi, pauv’con » ou « descends un peu le dire », il est rare de voir le président russe s’énerver. « Il se construit l’image d’un tsar, d’un empereur, il reste distant, froid. Son entourage se charge de ridiculiser ses opposants ». Ce qui n’empêche pas Vladimir Poutine de se moquer de Barack Obama ou d’humilier un magnat russe.
Un attrait assumé pour le pouvoir

Autre point commun des deux hommes : ils aiment le pouvoir, et ne s’en cachent pas. Souvenez-vous des propos de Nicolas Sarkozy en 2003, alors ministre de l’Intérieur du gouvernement Raffarin, affirmant, tout sourire, penser à la présidentielle « pas simplement quand je me rase ».

« Poutine et Sarkozy ont tous deux une grande envie de pouvoir qu’ils assument, de même que leur attrait pour les femmes et l’argent », relève Philippe Moreau-Chevrolet.

Même lorsqu’ils sont écartés du pouvoir, les deux dirigeants n’en restent pas longtemps éloignés. Contraint par la loi sur la limitation des mandats présidentiels, Vladimir Poutine a cédé la place à son dauphin Medvedev, de 2008 à 2012, et prendre la place de Premier ministre, pour mieux revenir. « Une parenthèse décidée » qui lui a permis d’être réélu à la tête de la Russie, commente l’expert en communication.

En 2012, Nicolas Sarkozy avait annoncé qu’il arrêtait la politique après la défaite à la présidentielle. Une promesse de retraite assez vite reniée : en septembre 2014, Nicolas Sarkozy a fait son « come-back ». « Il n’est pas dans la même temporalité que Poutine, il est dans le court terme, le prochain coup, la primaire pour 2017, observe Philippe Moreau Chevrolet. Du coup, les deux hommes n’ont pas le même type de leadership​. Poutine est ce que Sarkozy aimerait être, mais il n’en a bien sûr pas les moyens car il n’évolue pas dans le même cadre politique ».

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