« La pression des réseaux sociaux sur les politiques ne retombera plus » Interview pour Lefigaro.fr

  • Rédigé par Marion Joseph
  • le 25/04/2014
  • dans LeFigaro.fr

Après la polémique suscitée par une photo embarrassante du nouveau chef de la communication de l’Élysée, le communicant Philippe Moreau-Chevrolet délivre ses conseils aux politiques pour mieux gérer leur image sur la toile.

 

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LE FIGARO. – Le nouveau responsable de la communication élyséenne, Gaspard Gantzer, s’est fait épingler pour une photographie gênante sur sa page Facebook. Comment un homme politique peut-il se prémunir de ce type de problèmes sur les réseaux sociaux?

Philippe MOREAU-CHEVROLET – Pour les personnages publics, les réseaux sociaux sont des outils professionnels, qui les aident à construire leur image. Ils doivent donc réfléchir en amont à ce qu’ils souhaitent mettre sur leur profil Facebook ou leur page Twitter par exemple. Car quand on est un homme politique, on n’a plus d’intimité, plus de vie privée. On est en campagne permanente. Il faut avoir une stratégie pour donner du sens à sa communication et à ce qu’on fait. Le problème de Gaspard Gantzer c’est qu’il n’avait pas anticipé le fait qu’il deviendrait une personnalité de premier plan. Il utilisait jusqu’alors Facebook comme un outil privé et non comme un moyen de communication.

Mais ce couac vient aussi du fait que dans le milieu politique, et notamment au Parti socialiste, les communicants sont davantage recrutés en fonction de leur parcours politique ou scolaire – ce sont souvent des énarques – que pour leurs qualités de professionnel de la communication. De fait, la communication politique en France reste à un niveau amateur, ce qui induit forcément de temps en temps des problèmes.

Jusqu’où les politiques peuvent-ils aller dans leur utilisation des réseaux sociaux?

Ils doivent assumer la transparence imposée par la nature même des réseaux sociaux. Pour construire leur image, ils doivent ainsi accepter de communiquer sur leur vie personnelle en publiant des images de leur famille ou de leurs hobbies, comme les matches de foot auxquels ils assistent. Attention, il ne faut pas non plus tout montrer: les soirées privées sont par exemple à bannir. Mais les politiques dans leur ensemble se méfient encore trop des réseaux sociaux. Tout d’abord parce qu’ils considèrent Internet comme un outil qui peut leur nuire. Ensuite parce qu’ils ne comprennent pas à quoi cet outil peut leur servir, c’est-à-dire tisser du lien avec les citoyens.

Des images de Nicolas Sarkozy en famille à New-York ou de Jean-Marc Ayrault en vacances au Vietnam se sont propagées jeudi sur la toile. La pression ne s’arrête donc jamais quand on a été ou qu’on est un leader politique de premier plan?

À ce niveau-là, on ne peut pas échapper à la pression des réseaux sociaux. Les gens ont besoin de transparence car ils ne font plus confiance aux politiques. Résultat: ils filment ou photographient tous ceux qu’ils croisent, même ceux qu’ils n’aiment pas! C’est devenu un véritable système et on ne pourra plus revenir en arrière. Le métier d’homme politique est aujourd’hui un vrai sacerdoce car chaque chose qu’une personnalité publique dit ou a dit dans le passé peut ressortir à tout moment. Ils doivent donc apprendre à utiliser cette situation à leur avantage, en réussissant à communiquer sur les réseaux sociaux de manière permanente.

 

Lien original de l’article : ici

 


 

Après la polémique suscitée par une photo embarrassante du nouveau chef de la communication de l'Élysée, le communicant Philippe Moreau-Chevrolet délivre ses conseils aux politiques pour mieux gérer leur image sur la toile.   LE FIGARO. - Le nouveau responsable de la communication élyséenne, Gaspard Gantzer, s'est fait épingler pour une photographie gênante sur sa page Facebook. Comment un homme politique peut-il se prémunir de ce type de problèmes sur les réseaux sociaux? Philippe MOREAU-CHEVROLET - Pour les personnages publics, les réseaux sociaux sont des outils professionnels, qui les aident à construire leur image. Ils doivent donc réfléchir en amont à ce qu'ils souhaitent mettre sur leur profil Facebook ou leur page Twitter par exemple. Car quand on est un homme politique, on n'a plus d'intimité, plus de vie privée. On est en campagne permanente. Il faut avoir une stratégie pour donner du sens à sa communication et à ce qu'on fait. Le problème de Gaspard Gantzer c'est qu'il n'avait pas anticipé le fait qu'il deviendrait une personnalité de premier plan. Il utilisait jusqu'alors Facebook comme un outil privé et non comme un moyen de communication. Mais ce couac vient aussi du fait que dans le milieu politique, et notamment au Parti socialiste, les communicants sont davantage recrutés en fonction de leur parcours politique ou scolaire - ce sont souvent des énarques - que pour leurs qualités de professionnel de la communication. De fait, la communication politique en France reste à un niveau amateur, ce qui induit forcément de temps en temps des problèmes. Jusqu'où les politiques peuvent-ils aller dans leur utilisation des réseaux sociaux? Ils doivent assumer la transparence imposée par la nature même des réseaux sociaux. Pour construire leur image, ils doivent ainsi accepter de communiquer sur leur vie personnelle en publiant des images de leur famille ou de leurs hobbies, comme les matches de foot auxquels ils assistent. Attention, il ne faut pas non plus tout montrer: les soirées privées sont par exemple à bannir. Mais les politiques dans leur ensemble se méfient encore trop des réseaux sociaux. Tout d'abord parce qu'ils considèrent Internet comme un outil qui peut leur nuire. Ensuite parce qu'ils ne comprennent pas à quoi cet outil peut leur servir, c'est-à-dire tisser du lien avec les citoyens. Des images de Nicolas Sarkozy en famille à New-York ou de Jean-Marc Ayrault en vacances au Vietnam se sont propagées jeudi sur la toile. La pression ne s'arrête donc jamais quand on a été ou qu'on est un leader politique de premier plan? À ce niveau-là, on ne peut pas échapper à la pression des réseaux sociaux. Les gens ont besoin de transparence car ils ne font plus confiance aux politiques. Résultat: ils filment ou photographient tous ceux qu'ils croisent, même ceux qu'ils n'aiment pas! C'est devenu un véritable système et on ne pourra plus revenir en arrière. Le métier d'homme politique est aujourd'hui un vrai sacerdoce car chaque chose qu'une personnalité publique dit ou a dit dans le passé peut ressortir à tout moment. Ils…

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